Histoire de mon corps - premier bilan
Françaises, Français,
Citoyennes paritaires, Citoyens solitaires,
DRAConiens, draconniennes
Le temps file, je m'obstine à lui courir derrière non sans un léger essouflement.
Les premières représentations ont déjà eu lieu il y a près d'un mois, et depuis le travail s'enchaîne, les tracasseries administratives visant à empêcher les gens de travailler (tout en leur tenant le discours inverse) se déchaînent et la fatigue s'affirme. Et je n'ai rien écrit depuis plus de vingt jours, vilain blogueur, j'ai eu une relance par mail, ben oui, de la part de l'équipe d'over-blog qui me trouve trop mou du genou, je n'en revenais pas, me dire ça à moi, "vous n'écrivez pas assez", alors que je ponds mes 120.000 signes par mois en moyenne. Passons.
Et le découragement, alors ? Il y aurait beaucoup à en dire. On a beau cracher depuis des années sur ces jeanfoutres d'artistes intermittents du spectacle, il faut quand même signaler que nous vivons dans une société où il faut se BATTRE pour payer des charges sociales. Nous vivons, nous autres "espampillés artistes" (avec la même amabilité qu'on évoquait naguère les juifs, puis les italiens, puis les portugais, puis ces horribles sans-papiers) sous le joug d'une administration où les gens qui ne sont pas dans la bonne case n'existent simplement pas. Mon soucis "artistique" en ce moment, c'est de savoir A QUI EXACTEMENT je dois donner de l'argent pour remplir les caisses de l'Etat. Je dois me battre pour payer l'Etat. C'est kafkaïen. Sans compter les assedic qui en profitent pour faire de la rétention d'indemnités sous prétexte que ... l'administration du GUSO a pris un peu de retard (gens du spectacle = coupables). C'est à devenir amateur, finalement cela encourage tellement à arrêter les frais, à arrêter cette tentative de générer du profit dont on nous rebat les oreilles à longueur de temps. Il est effectivement temps de réformer tout cela, mais il y a fort à parier que ce seront toujours les mêmes qui s'en prendront plein la gueule, bref, revenons à nous vaches à lait...
Que s'est-il passé ? Il y a quand même eu un spectacle, malgré la bonne volonté pététesque de nos chères (très chères) administrations.
Premier bilan : Six représentations (dont une carrément pas bonne), environ 150 spectateurs. Des spectateurs émus, tendus, attentifs, un petit Livre d'or rempli de compliments, des débats à l'issue des représentations souvent passionnants ; aboutissement de deux ans d'un labeur dont je finissais par me demander sincèrement l'utilité - demande que je ne formule plus : j'ai eu la réponse.
Mais le plus important pour moi, c'est peut-être l'engouement qu'a suscité le texte de Guibert. Je ne compte pas les personnes venues me dire : "Quelle langue !" ou "Tu donnes envie de le (re)lire !" ou encore "Tu m'as fait changé d'avis sur Guibert". Ce sont les plus beaux encouragements que j'ai pu recevoir. Donner à entendre qu'Hervé Guibert est un auteur qui compte dans la littérature de la fin XXème, se battre pour que sa mémoire et sa littérature soient reconnues et honorées, c'était finalement le but principal de l'entreprise, et j'ai au moins tenu ce pari-là.
Je dis "Premier bilan" car il est possible qu'un deuxième ait lieu à la fin du mois d'octobre, si tout roule : une nouvelle série de six représentations se profile, toujours au théâtre du Tétard, à la rentrée. J'en reparlerai dès confirmation. Dès que l'administration française saura où me ranger. Si du même coup elle pouvait m'oublier un peu par la suite, je jure de payer tout ce qu'il faudra payer du moment qu'on accepte mon chèque...
Pour finir ce petit article, je joins un autre article, écrit par Patrick Merle dans la Provence du 28 mai 2007, au lendemain de la dernière représentation.
Pour la petite histoire, M. Merle, rencontré depuis, avait ce qu'on pourrait appeler un gros a priori sur Hervé Guibert, il semble qu'il soit revenu dessus, je vous en laisse juge :

Bon, il ne dit rien du magnifique plaid blanc ni de l'incomparable chaise noire, mais l'essentiel y est quand même...
Citoyennes paritaires, Citoyens solitaires,
DRAConiens, draconniennes
Le temps file, je m'obstine à lui courir derrière non sans un léger essouflement.
Les premières représentations ont déjà eu lieu il y a près d'un mois, et depuis le travail s'enchaîne, les tracasseries administratives visant à empêcher les gens de travailler (tout en leur tenant le discours inverse) se déchaînent et la fatigue s'affirme. Et je n'ai rien écrit depuis plus de vingt jours, vilain blogueur, j'ai eu une relance par mail, ben oui, de la part de l'équipe d'over-blog qui me trouve trop mou du genou, je n'en revenais pas, me dire ça à moi, "vous n'écrivez pas assez", alors que je ponds mes 120.000 signes par mois en moyenne. Passons.
Et le découragement, alors ? Il y aurait beaucoup à en dire. On a beau cracher depuis des années sur ces jeanfoutres d'artistes intermittents du spectacle, il faut quand même signaler que nous vivons dans une société où il faut se BATTRE pour payer des charges sociales. Nous vivons, nous autres "espampillés artistes" (avec la même amabilité qu'on évoquait naguère les juifs, puis les italiens, puis les portugais, puis ces horribles sans-papiers) sous le joug d'une administration où les gens qui ne sont pas dans la bonne case n'existent simplement pas. Mon soucis "artistique" en ce moment, c'est de savoir A QUI EXACTEMENT je dois donner de l'argent pour remplir les caisses de l'Etat. Je dois me battre pour payer l'Etat. C'est kafkaïen. Sans compter les assedic qui en profitent pour faire de la rétention d'indemnités sous prétexte que ... l'administration du GUSO a pris un peu de retard (gens du spectacle = coupables). C'est à devenir amateur, finalement cela encourage tellement à arrêter les frais, à arrêter cette tentative de générer du profit dont on nous rebat les oreilles à longueur de temps. Il est effectivement temps de réformer tout cela, mais il y a fort à parier que ce seront toujours les mêmes qui s'en prendront plein la gueule, bref, revenons à nous vaches à lait...
Que s'est-il passé ? Il y a quand même eu un spectacle, malgré la bonne volonté pététesque de nos chères (très chères) administrations.
Premier bilan : Six représentations (dont une carrément pas bonne), environ 150 spectateurs. Des spectateurs émus, tendus, attentifs, un petit Livre d'or rempli de compliments, des débats à l'issue des représentations souvent passionnants ; aboutissement de deux ans d'un labeur dont je finissais par me demander sincèrement l'utilité - demande que je ne formule plus : j'ai eu la réponse.
Mais le plus important pour moi, c'est peut-être l'engouement qu'a suscité le texte de Guibert. Je ne compte pas les personnes venues me dire : "Quelle langue !" ou "Tu donnes envie de le (re)lire !" ou encore "Tu m'as fait changé d'avis sur Guibert". Ce sont les plus beaux encouragements que j'ai pu recevoir. Donner à entendre qu'Hervé Guibert est un auteur qui compte dans la littérature de la fin XXème, se battre pour que sa mémoire et sa littérature soient reconnues et honorées, c'était finalement le but principal de l'entreprise, et j'ai au moins tenu ce pari-là.
Je dis "Premier bilan" car il est possible qu'un deuxième ait lieu à la fin du mois d'octobre, si tout roule : une nouvelle série de six représentations se profile, toujours au théâtre du Tétard, à la rentrée. J'en reparlerai dès confirmation. Dès que l'administration française saura où me ranger. Si du même coup elle pouvait m'oublier un peu par la suite, je jure de payer tout ce qu'il faudra payer du moment qu'on accepte mon chèque...
Pour finir ce petit article, je joins un autre article, écrit par Patrick Merle dans la Provence du 28 mai 2007, au lendemain de la dernière représentation.
Pour la petite histoire, M. Merle, rencontré depuis, avait ce qu'on pourrait appeler un gros a priori sur Hervé Guibert, il semble qu'il soit revenu dessus, je vous en laisse juge :

Bon, il ne dit rien du magnifique plaid blanc ni de l'incomparable chaise noire, mais l'essentiel y est quand même...
Je mets des photos du spectacle (de très belles photos prises par l'admirable Jean-Marc Santini avec qui j'ai eu l'honneur de tourner un petit clip publicitaire en plein milieu des représentations !) en ligne la prochaine fois, parce que là, mes amis, je dois filer me renseigner sur le nombre de cases artistiques que propose la DRAC, et vérifier par la même occasion s'il n'en manque pas une, qui serait la mienne.
Allez, et puis rassurez vous, vous avez bien fait de donner la majorité à l'UMP, c'est un bon geste. Vive la République (des lettres), vive la France (de la diversité culturelle), vive l'administration française, vive le ministère de la Culture (des endives en cave). Que l'esprit du petit Nicolas (de Sempé) soit sur vous. Paix sur vos âmes, citoyens français (réformés).
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