Argument / Feuille de salle

Publié le par Laurent Kiefer

Heureux que cette saison théâtrale soit derrière moi (heureux n'est pas le mot exact... soulagé serait plus juste).

Pensons à la suivante.

En attendant... un copié collé. (Je ne vais pas me fouler pour un blog, non ?)

 

 

 

Codes de jeux et jeux décodés

Dans toute création de spectacle, il faut des histoires bien sûr, des personnages, des thèmes mais aussi des codes. Quatre spectacles ont été conçus cette année à partir des improvisations des enfants. Ils ont chacun dessiné leur personnage, semaine après semaine, ont esquissé leurs relations et jeté les grandes lignes de l’histoire qu’ils allaient interpréter. Cependant,  l’histoire seule n’est rien sans ces fameux codes, que nous pourrions aussi appeler règles ou références ; qu’ils soient traditionnels ou contemporains, appartenant à l’histoire du théâtre, du cinéma, de la littérature, ce sont eux qui font le ciment de la fable.


Marine perdue obéit ainsi à des thématiques très modernes puisqu’on a souvent cité à son propos le film Toy Story et la comédie musicale Le Soldat Rose (deux œuvres que je ne connais absolument pas…). Marine a décidé de s’enfermer dans le magasin de jouets afin de pouvoir s’amuser toute la nuit. Sa mère ne veut plus rien lui acheter car elle a la mauvaise habitude de maltraiter ses poupées. Or, à minuit passé, les jouets du magasin se réveillent. Ne connaissant pas la différence entre le bien et le mal, Marine met la zizanie dans le magasin, jusqu’à ce que les jouets décident de se venger. Très librement inspiré de l’Enfant et Sortilèges, l’opéra de Ravel et Colette, Marine perdue joue sur les peurs enfantines, les contes classiques dont l’analyse était si chère à Bruno Bettelheim.


Ces contes, il en est aussi question dans Leila et Fanny même si le sujet de la pièce se prête a priori peu à l’utilisation de leurs thématiques. Leila est une jeune fille d’aujourd’hui qui a pour seule particularité d’être la fille du président de la République. A la suite d’une méprise, elle se retrouve a devoir vivre une vie de paysanne dans une ferme où pullulent d’étranges créatures telles que des poules, des vaches, un tigre et un héron ! Ici c’est chez Walt Disney (qui mit lui-même en image nombre de contes) que les références sont visibles : les héros malgré eux, les méchantes sorcières, les faire-valoir fantasques et le triomphe des forces du bien ; tout y est on ne peut plus reconnaissable.


Destinée à des acteurs plus mûrs, Rumeurs Picasso lorgne plutôt du côté des séries américaines, plus particulièrement de celles qui, diffusées juste après le repas de midi, promettent une sieste de qualité (ce genre communément appeler soap opera). Le thème en est très à la mode puisqu’il s’agit de Facebook. Avec son rythme fragmentaire évoquant le zapping et ses onze personnages, dont un schizophrène, une jeune fille dépressive et une preneuse d’otage en mal de reconnaissance, cette pièce aborde des sujets plus graves tel que l’intimité, le droit à l’image, le handicap et des différentes pressions scolaires et sociales qui conduisent parfois un enfant à commettre l’irréparable. Ici, le code à tout autant d’influence sur la trame narrative que sur le jeu des apprentis acteurs. Rumeurs Picasso est un projet qui nous aura permis d’aborder quelques notions de cet étrange jeu « à l’américaine », faussement naturaliste et ultra codifié.


L’espoir (Rites II), enfin, la pièce écrite pour les lycéens, se présente comme une sorte de puzzle mental : maelstrom psychanalytique, parodie de film d’horreur, théâtre d’anticipation, immersion dans une psyché coupable, destructuration de la langue et de la chronologie narrative. Mieux vaut ne pas chercher à comprendre, tant cette pièce et ses interprètes cherchent à brouiller les pistes, soulevant trois nouvelles énigmes dès qu’ils font mine d’en résoudre une première. Ici, le jeu des influences et des références est si foisonnant, que c’est leur profusion même qui dicte son jeu à l’acteur.

 

(Feuille de salle mise à disposition du public lors des représentations d'ateliers amateurs de juin 2011)

 

 

Il serait vain de remercier tout un chacun, car il y a toujours des oubliés, alors soyons partial et désordonné.

 

Merci au public, qui a encore cette année manifesté son intérêt pour le travail des enfants et des adolescents, et tout spécialement à messieurs Richard Martin et Jacques Mougin : sachez que votre présence et votre soutien est important pour les jeunes acteurs, plus qu'il n'y paraît...

 

Merci miss Lucie pour avoir pris ce texte en dictée dans des conditions déplorables (c'est à dire pour mémoire, recroquevillée entre deux sacs de colle, la tête dans un ventilo en me regardant poser du carrelage dans des vapeurs d'hydrofuge...)

 

Merci aux éléphants de L'Entr'acte. Vous n'êtes pas présidentiables, mais la buvette est éternelle

 

Merci aux acteurs en herbe qui m'ont subi toute l'année (accessoirement merci à moi-même pour vous avoir rendu la pareille)

Merci d'avoir rendu ces pièces possibles

 

Merci Julien pour ta présence, ton arme secrète et tes coups de pouce

Merci Nadège pour avoir tout simplement sauvé Marine perdue

 

Merci, fine équipe de L'espoir, vous avez bluffé votre monde (moi compris) ; ce qui était catastrophique, un fois encore, n'était pas le résultat, mais de n'avoir joué que deux fois, avec tant de talents.

 

Merci Moran, Jésus, Gunther, Simon. Que les vents vous portent sous des cieux cléments ; vous nous manquerez

 

Merci Loïck, pour... tout.

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Publié dans Kiefer Show

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S
<br /> Merci, a toi, car c'est tout c'est petit mot et attention non perceptible par les autres que tu m'as donner, qui mon donner l'envie d'avancer, d'y aller, d'avoir du tact quand il fallait et du<br /> recule lors des temps capricieux. Merci M.Kiefer, Merci mon prof, merci Laurent, merci mon ami.<br /> <br /> <br />
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